Ζέφυρος / Zéphyros

... Là où se lève l'étoile du soir, où le soleil éteint ses feux.




... Zéphyr

Dans la Grèce antique
Fils d'Astréos (Éole), le Maître des Quatre Vents
Et d'Éos, la déesse de l'Aurore.

... Ses frères
Borée, le dieu du Vent du Nord,
Notos, le dieu du Vent du Sud,
Euros, le dieu du Vent du Sud-Ouest.


... Ses amours féminines
Podargé, aux pieds agiles, la Harpie au corps de pouliche
Chloris, Flore, la déesse des fleurs
Iris, la déesse de l'Arc-en-ciel.


... Zéphyr et Chloris
Pluie de roses,
Haleine parfumée de Zéphyr,
Amour et Printemps.






... Les métaphores d'Apulée le berbère
Extrait du roman latin Métamorphoses (L’Âne d'Or)
« ... Or pendant que Psyché en proie à la peur et pleure au
sommet de son rocher, la douce brise de Zéphyr aux molles
caresses fait frissonner les bords de sa robe, enfle son vêtement,
la soulève sans heurts et la transporte le long de l'abrupte paroi
rocheuse ; après une douce descente, Zéphyr la dépose au
cœur du vallon, sur un gazon de fleur ... »


... Brise du matin, flots des vagues, flocons des nues,
... Emportez-moi !

... Zéphyr
Il était, dans sa jeunesse, fougueux et violent ; les gens le
redoutaient.
Aujourd'hui, il a changé d'attributs ; c'est un vent doux et
agréable, un souffle léger, une brise qui grise les sens.

... Zéphyr
Il protège et enveloppe, il donne de la fraîcheur et procure du
bien-être.
Au gré du temps et de l'humeur, il apportera échos et souvenirs.

... Zéphyr
Il est la renaissance, l'éclosion de la vie, la joie.
Il annonce le retour du Printemps.

... Zéphyr
... Au gré de sa nature, il vous transportera ...

............ Entre Miliana, sa ville d'adoption
............ Et Béjaïa, sa ville natale.

............ Entre la ville aux mille ruisseaux
............ Et la ville lumière.

Zéphyr à Béjaia

Zéphyr à Béjaia
... Zéphyr, la statue de bronze érigée en 1894 par le célèbre statuaire français Eugène Marioton, trône au square Pasteur, en face de notre ancienne maison paternelle.

Apophtegme d'une Bougiote

... À la face des dieux, montrer que les humains
Sont beaux et généreux s'ils s'autorisent enfin
À tomber le loup en recouvrant le sourire
...
................................................................ Marie alias Incipit
...................................................enr sauv SGDL 2011-02-0167

Le Top Ten de la semaine

Nouvelles du jardin

Un jour, une plante

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vendredi 2 octobre 2009

2 octobre 1833, un jour sinistre

La chute de Bougie

Notice des peintures et sculptures composant le Musée Impérial, (vol.2, p.80)
par Eudoxe Soulié

(Galeries historiques du Palais de Versailles, vol. 5)

Tableau d'Horace Vernet glorifiant la chute de Bougie


... Résistance farouche des Mezzaïa

Étude sur la Kabylie proprement dite
par E. Carette

Extrait du livre "Exploration scientifique de l'Algérie", (p. 59)



... Un peuple irréductible

Extrait du livre "L'Algérie dans la littérature française", p.240
par Charles Tailliart


... Récit et témoignage

Extrait de lettre adressée par A. de Gondrecourt au comte Eugène de Montlaur, parue dans la rubrique "Courrier d'Afrique " (cinquième et dernière lettre).

Livre "Musée des familles : lectures du soir, 1847-1848" (vol.15, p.258)


jeudi 3 septembre 2009

Le pain mahonnais, un souvenir de ramadhan


  • Histoire
... Les thèses sur l'origine du pain mahonnais sont contradictoires et son histoire reste encore méconnue. Son apparition en Algérie remonte au tout début de la colonisation.

... Beaucoup de migrants minorquins (habitants de Minorque, petite île des Baléares) étaient venus s'installer à Bordj El Kiffan durant la période 1830/1845, la grande majorité était de la ville de Mahôn. Plus tard, ils ont essaimé sur la Mitidja, à Bab el Oued,  dans la région de Béjaïa et jusqu'à Mostaganem.

... Cette communauté apporta dans son escarcelle les us et coutumes du pays dont le célèbre "Pain mahonnais", au goût et à l'aspect si caractéristique.

Ce pain appartient désormais au patrimoine culinaire algérien, butin qu'ont laissé les pieds noirs mahonnais de "Fort de l'Eau".


  • Souvenir
... A Bougie, dans ma ville natale, rares étaient les boulangers qui savaient bien le préparer. Mon père veillait toujours à ce qu'on l'achetait à la Boulangerie Kebbache.



... D'autres pains aussi faisaient partie de mon enfance : "Aghrum outadjine", "Khebz Eddar", "Aghrum Aquran", "Kbebz Koucha", "Matlou3" ... Quoi ! un plat, un pain.

... Le pain mahonnais nous était servi soit en extra au petit-déjeuner, soit durant le Ramadhan, pour l'accompagnement des mets délicats.
  • Recette
Ingrédients
500 g de farine, 1 paquet de levure de boulanger, 2 cuillères à café d'anis vert, 4 cuillères à soupe d'huile d'olive et 1 grosse pincée de sel fin.

Préparation
- Dans un bol, dissoudre pendant quelques minutes la levure dans un peu d'eau tiède légèrement sucrée ;
- Dans un grand saladier, mettre la farine, le sel et l'anis, mélanger le tout, puis faire un puits, ensuite y verser le contenu du bol et l'huile d'olive ;
- Ajouter de l'eau jusqu'à obtenir une pâte lisse et élastique ;
- Bien pétrir la pâte puis recouvrir le saladier d'une serviette et laisser reposer pendant 5 heures ;
- Partager à la main la boule en 2, former 2 pains sur une plaque enfarinée et inciser le dessus de chaque pain.

Cuisson
35 à 40 mn dans un four, thermostat à 6 ou 7 (200) ; surveiller jusqu'à coloration.


Dégustez le pain mahonnais !

jeudi 16 juillet 2009

Devoir de Mémoire

Récit et témoignages sur ...




... Le 24 janvier 1845 en Algérie :

" Je brûlerai vos villages et vos moissons. " (Bugeaud)



... La conquête de l’Algérie fut une guerre atroce.

Ainsi en témoignent les lettres de Saint-Arnaud, qui devait devenir Maréchal de France.


Extraits …

« Nous resterons jusqu’à la fin juin nous battre dans la province d’Oran, et à y ruiner toutes les villes, toutes les possessions de l’émir. Partout il trouvera l’armée française, la flamme à la main (mai 1841) ».

Le maréchal Saint-Arnaud


« Mascara, ainsi que je te l’ai dit, a dû être une ville belle et importante. Brûlée en partie et saccagée par le Maréchal Clauzel en 1855 ».


« Nous sommes dans le centre des montagnes entre Miliana et Cherchell. Nous tirons peu de coups de fusil, nous brûlons tous les douars, tous les villages, toutes les cahutes. L’ennemi fuit partout en emmenant ses troupeaux ».


« Entouré d’un horizon de flammes et de fumée qui me rappelle une petit Palatinat en miniature, je pense à vous tous et je t’écris. Tu m’a laissé chez les Brazes, je les ai brûlés et dévastés. Me voici chez les Sindgads, même répétition en grand, c’est un vrai grenier d’abondance… Quelques-uns sont venus pour m’amener le cheval de soumission. Je l’ai refusé parce que je voulais une soumission générale, et j’ai commencé à brûler (Ouarsenis, octobre 1842) ».


« Des tas de cadavres pressés les uns contre les autres et morts gelés pendant la nuit ! C’était la malheureuse population des Beni-Mnasseur, c’était ceux dont je brûlais les villages, les gourbis et que je chassais devant moi (région de Miliana, 1843) ».


« Les beaux orangers que mon vandalisme va abattre !... je brûle aujourd'hui les propriétés et les villages de Bensalem et de Belkacem Oukaci (Région de Bougie, 2 octobre 1844) ».


« J’ai laissé sur mon passage un vaste incendie. Tous les villages, environ deux cents, ont été brûlés, tous les jardins saccagés, les oliviers coupés (Petite Kabylie, mai 1851) ».


L’émir Abd El Kader


Le général Bugeaud écrit le 18 janvier 1843 au Général de la Moricière :

« Plus d’indulgence, plus de crédulité dans les promesses. Dévastations, poursuite acharnée jusqu’à ce qu’on me livre les arsenaux, les chevaux et même quelques otages de marque… Les otages sont un moyen de plus, nous l’emploierons, mais je compte avant tout sur la guerre active et la destruction des récoltes et des vergers… Nous attaquerons aussi souvent que nous le pourrons pour empêcher Abdelkader de faire des progrès et ruiner quelques-unes des tribus les plus hostiles ou les plus félonnes ».


Le 24 janvier, il écrit au même :

« J’espère qu’après votre heureuse razzia, le temps quoique souvent mauvais, vous aura permis de pousser en avant et de tomber sur ces populations que vous avez si souvent mises en fuite et que vous finirez par détruire, sinon par la force du moins par la famine et les autres misères ».

Le maréchal Bugeaud


Thomas Bugeaud déclare dans un discours à la Chambre le 24 janvier 1845 :

« J’entrerai dans vos montagnes ; je brûlerai vos villages et vos moissons ; je couperai vos arbres fruitiers, et alors ne vous en prenez qu’à vous seuls ».


Les colonnes infernales de Thomas Bugeaud et de ses adjoints mettent largement à exécution ces menaces à l’égard des populations insoumises ou en révolte. L’objectif n’était-il pas de vider l’Algérie de ses habitants, de n’y tolérer tout au moins que des esclaves ?


lundi 8 juin 2009

1840, la prise de Miliana


... Le 08 juin 1840 Miliana tombait aux mains de l'ennemi.

Écrits et témoignages rapportés par un français d'Algérie, né à Miliana




... L'auteur relate les conditions de l'époque, notamment la vie des militaires français. Certains passages de ce livre sont pénibles et difficiles à supporter.
  • Avant la prise

  • Après la prise
... Dans le livre "La vie militaire en Afrique", paru en 1856, le Comte Pierre de Castellane, témoigne que " ... Milianah est peut-être la ville où nos soldats ont eu à supporter les plus rudes épreuves ... ".

  • Qui était ce vaillant combattant
... Appelé tantôt " Ambarak ", tantôt " Si M'Barek ", tantôt " Sidi Embarek " , tantôt " Si Muhammad ban Allal uld Ambarak ", cet intrépide guerrier est ...

... BEN ALLEL,
le lieutenant émérite de l'Emir Abdelkader.


... Ben Allel, esprit frondeur et toujours volontaire, était l'homme des missions délicates. Seul, face à son ennemi, il est mort en brave loin de sa ville natale, à Oued Malah (près de Saïda). Ben Allel a été enterré à Koléa, sous le nom de Sidi Mbarek.
  • Na Halima
... Quelle personnalité ! quel courage ! Quelle noblesse d'esprit !
Une femme digne, accueillant son fils martyr avec des youyous et tenant des propos à faire vibrer les cœurs.

Afin que nul n'oublie !

Sans commentaire

mercredi 15 avril 2009

Mezghena, qui guérira tes blessures ?


Désarroi et détresse du peuple d'Alger après la chute de sa ville.

Complainte d'un uléma : une chanson écrite en 1831.


In
Les Français d'Algérie
- Souvenirs d'un voyage fait en 1841 -


Louis Veuillot
Auteur, journaliste

En 1841, Louis Veuillot accompagne Bugeaud nommé gouverneur général en Algérie. Les conclusions qu'il tire de ce long voyage sont prémonitoires :

« Tant que les arabes ne seront pas chrétiens, ils ne seront pas Français et tant qu'ils ne seront pas Français, nul gouverneur, nulle armée ne pourra garantir la durée de la paix. Or, ils ne seront pas chrétiens tant que nous ne saurons pas l'être nous-mêmes ».

Reprenant quand même espoir, notre uléma, en aparté, lui répondit à la fin de sa complainte :

« Dieu, un jour mettra fin à tes maux
Car il est miséricordieux ,
Et il est le maître des deux mondes. »

samedi 11 avril 2009

Miliana : le drame colonial

Le poète et auteur dramatique français Joseph Autran raconte ...

Le long blocus imposé par l'Emir Abdelkader et son lieutenant Ben Allel (le kalifa Mohamed ben Sidi Embarrak) à la garnison française qui venait d'être à peine installée à Miliana.

l'Emir Abdelkader



L'académicien Joseph Autran,
poète et auteur dramatique


... A la fin de l'année 1840, la rencontre fortuite à Marseille avec le lieutenant-colonel d'Illens, commandant de ladite garnison, a permis à l'auteur de relater, sous une forme poétique, "le funeste blocus de Milianah", pan méconnu de l'histoire coloniale française ...

Les évènements ont été puisés du journal manuscrit appartenant à ce commandant, un document révélateur et explosif qu'il confia à Joseph Autran.

Un poème d'une grande portée historique.

... Instruites des mouvements de l'armée française, les troupes de l'Emir firent évacuer de Miliana toute la population. C'est donc dans une ville déserte et totalement ravagée par le feu que le Maréchal Valée, accompagné des colonels Changarnier et Bedeau, fit son entrée le 8 Juin 1840. Les bâtisses, les demeures n'étaient que ruines ; même les champs, les vivres étaient brûlés. Seules les mosquées étaient épargnées ...

Maréchal Valée

... Le Maréchal n'y séjourna que trois jours ...

Il laissa une garnison forte d'environ 1200 hommes qui fut, quelques jours plus tard, soumise à un blocus de quatre mois dont les conséquences malheureuses furent occultées.

800 hommes au moins y trouvèrent la mort ; la fatigue, la famine, la chaleur suffocante de l'été et les maladies avaient fini par avoir raison d'eux .

lundi 1 décembre 2008

" L'expulsé de Miliana "

Un digne fils de Toudja la fière,

En 1955, Miliana a eu l'honneur et le privilège d'avoir parmi ses hôtes un homme qui, aujourd'hui, est une sommité historique et scientifique : le Professeur Zoheir Ihaddaden, ancien du PPA-FLN, historien et chercheur en communication.

Zoheir Ihaddaden
Photo récente
1

Natif de Sidi-Aïch, Zoheir Ihaddaden a plutôt vécu son enfance entre Toudja et Taher, entre le village de ses ancêtres et celui où son père a exercé comme cadi.

Durant quelques temps il fréquente l'école primaire Ammour Abdelkader de Bougie avant de rejoindre Toudja où il obtient son certificat d'études primaires.

Il entre ensuite à la Médersa de Constantine pour un cycle de quatre années d'études puis, par concours, accède au cycle supérieur à l'Institut des études supérieures islamiques d'Alger.

En octobre 1955, il rejoint son premier poste d'enseignant au Collège de Miliana. L'année scolaire ne s'est pas achevée quand les gendarmes l'arrêtent en juin 1956 : on s'aperçoit qu'il est interdit de séjour dans le département d'Alger (en raison de ses activités politiques). Ils l'embarquent dans le premier train à destination d'Oran, ville qu'il ne connaît pas à l'époque.

Arrêté une seconde fois, il quitte l'Algérie pour la France, le Maroc et la Tunisie. Après la crise de 1956 (congrès de La Soummam), il rejoint définitivement le Maroc où il intègre l'équipe de la Résistance Algérienne, une revue dirigée par Ali Haroun. En Août 1957, il est chargé de la réimpression et de la diffusion d'El Moudjahid, jusqu'en 1962.

A l'indépendance, il enseigne au lycée El Idrissi. En 1963, il participe à la création de l'Ecole Normale Supérieure de Kouba. De 1966 à 1971, il s'occupe d'édition et de diffusion au ministère de la Culture et de l'Information. De 1971 à 1976, il dirige deux établissements : l'Institut d'études politiques et l'Ecole supérieure de journalisme.

Il obtient successivement :
  • le Doctorat 3ème cycle, en 1978 ;
  • et le Doctorat d'Etat, en 1984.
Zoheir Ihaddaden est l'auteur de plusieurs ouvrages historiques et scientifiques, notamment :
  • Ibn Khaldoun, les modernes et la Asabiya ;
  • L'histoire de la presse indigène en Algérie, des origines à 1930.
Commémoration de la journée nationale de l'étudiant
Palais Moufdi Zakaria de Kouba, le 22 Mai 2007
1
Conférence de presse du Professeur Zoheir Ihaddaden
L'UGEMA, grève du 19 Mai 1956
Assis à gauche sur la photo

En 1993, le Professeur Zoheir Ihaddaden abandonne la vie active pour une retraite bien méritée.

Au sujet du quartier Ihaddaden de Bougie -Toudja n'est qu'à 16 km à vol d'oiseau-, le Professeur hésite à répondre : son oncle aurait eu des terres dans cet important lieu, il affirme cependant que ses ancêtres étaient forgerons d'où l'appellation berbère d' "Ihaddaden".

(Sources : Hamid Tahri, El Watan du 27.11.2008)

dimanche 26 octobre 2008

Miliana, le fruit de toutes les convoitises

Miliana, un paradis terrestre, le jardin d'Eden où poussent toutes sortes de fruits.
Chaque saison apporte avec elle ses douceurs : mirabelles, pêches rustiques, prunes, reines-claudes, cerises, pommes, coings, grenades et j'en oublie.

Aujourd'hui, le dévolu est jeté sur un fruit très convoité :
la grenade, le fruit des Dieux

Grenade de Miliana
Toile de Josette Arnau-Parterna, artiste-peintre née à Oran,
Ecoles des Beaux arts d'Oran et d'Alger


A propos du fruit céleste

Notre prophète Mohamed (PBSL) lui trouve d'excellentes qualités ; la grenade est un fruit qui chasse l'envie et la haine.

D'après la Bible, elle serait plutôt ce fruit défendu.

Elle est le symbole de l'amour, de la fertilité et de l'abondance.
Dans leur culte aux dieux, les Grecs offraient de la grenade à Aphrodite, la déesse de l'amour et à Héra, la déesse du mariage.

Plantation de grenadiers

C'est, semble-t-il, sous l'arbre d'un grenadier que Roméo chanta sa fameuse sérénade à Juliette.

La grenade est née dans l'ancienne Perse (Iran) où elle était utilisée comme remède depuis 10000 ans. On la retrouve dans toute l'Asie Occidentale, particulièrement dans les célèbres jardins suspendus de Babylone et dans tout le bassin méditerranéen où elle est cultivée depuis 5000 ans.

En Algérie, les berbères zirides de la région de Béjaïa, issus de la tribu Telkata, l'emportèrent en Andalousie, notamment à Elvira où son essor a participé à la rebaptiser. Par allusion au fruit, la ville porte dès lors le nom de Grenade. De là elle fut introduit en Europe.

Fleurs du grenadier

Les Algériens, notamment les enfants, préfèrent manger les pépins nature ; sa pulpe juteuse et parfumée est d'un extrême raffinement. Les pépins sont également utilisés pour faire des rafraîchissants, des sorbets et des boissons.

Les Libanais, les Syriens et surtout les Iraniens, lui réservent une grande place dans la cuisine. En Inde, les graines sont séchées pour être employées comme épice.

Il n'y a pas si longtemps, le sirop de grenadine était fabriqué artisanalement à base de ce fruit.


Une grenade
Fruit du grenadier

Les nutritionnistes le recommandent pour sa richesse en vitamines.

Réputée pour ses vertus thérapeutiques, l'usage de la grenade est très diversifié en médecine traditionnelle.

L'écorce de grenade atténuerait les maladies cardio-vasculaires et agirait sur l'hypertension. Elle soigne la toux, les diarrhées, les coliques et abaisse la fièvre. Elle aurait même des vertus aphrodisiaques.

Loges
Elles sont délimitées par d'épaisses cloisons
.

Les femmes l'utilisent pour leurs soins de beauté, dans les cures régénératrices ou d'amaigrissement.

Pépin
Partie comestible du fruit.
Il est composé d'une pulpe juteuse et transparente dans laquelle est renfermé le grain.


Trois choses font la réputation de Toudja !
  • son eau de source, claire et limpide ;
  • ses belles oranges parfumées ...
... et ...
  • ses remarquables grenades au goût suave.
Voilà pourquoi la grenade est si convoitée à Miliana et à Bougie ! Dans ma Kabylie natale, le grenadier surplomble parfois l'olivier et le figuier.

dimanche 12 octobre 2008

O exilado de Bougie, ou l'exilé de Bougie

Portrait officiel du président Manuel Teixeira-Gomes
(par Columbano Bordalo Pinheiro)


7ème président du Portugal (1ère république, 1911-1926), Manuel Teixeira-Gomes, grande figure politique portugaise, ne resta pas longtemps au pouvoir (1923-1925). Il dut vite démissionner sous la forte pression d'une campagne diffamatoire et calomnieuse.

Ne supportant plus le milieu pourri de la politique, il quitte son pays en 1926. Il s'embarque sur le paquebot hollandais Zeus pour entreprendre un long voyage autour de la Méditerranée. Le 17 décembre 1931, il achève son périple à Bougie où il s'installe durant les dix dernières années de sa vie.

Au Portugal, on le surnomma "Le président écrivain" parce qu'il était d'abord écrivain, très célèbre dans le style naturaliste.


Son geste de renoncement à la vie politique le libéra ce qui lui permit de poursuivre la carrière d'écrivain. Enfant de la haute bourgeoisie provinciale, il a repris son emploi de voyageur solitaire de commerce pour l'entreprise familiale.

L'avènement de la dictature de Salazar accentua son exil volontaire à Bougie où rares sont les gens qui lui connaissaient cette passion pour la littéraire. De sa nouvelle résidence, il collabore avec le journal "O Diabo" (Le Diable) et la revue "Seara Novea" (Champ cultivé Nouveau).

Impressionniste de talent, on lui connaît les œuvres suivantes :
  • Agosto Azul (Août bleu, conte, 1904),
  • Sabina Freire (pièce théâtrale, 1905),
  • Gente Singular (Gens singuliers, nouvelle, 1909),
  • Lettre à Columbano (1932),
  • Romans érotiques (nouvelle, 1934),
  • Retours (1935),
  • Mélange (1937),
  • Maria Adélaïde et Carnaval littéraire (romans,1938).
Il ne s'est jamais marié, il eut cependant deux filles de Belmira das Neves, une femme de sa ville natale. Manuel avait l'intention de l'épouser mais ses parents, sous le prétexte qu'elle était de condition modeste, ne voulurent pas d'elle. Son père était pêcheur.

Avant sa mort, le journaliste portugais Noberto Lopes avait rassemblé une longue série d'interviews dans le livre " O exilado de Bougie " (L'Exilé de Bougie).

Dans ce livre, le journaliste rapportait toutes les rencontres qu'il avait eues dans le célèbre hôtel de la côte algérienne. Ébloui par la vue du Golfe qui s'offrait à lui de la fenêtre de la fameuse chambre 13, l'hôte du Président écrivain a consacré un long passage à la description de cet envoûtant paysage.

L'hôtel L'Etoile surplombant le golfe de Bougie
Photo prise de la place de la mosquée Sidi El Mouhoub
Au pied de l'hôtel, l'ex-place Gueydon masquée par les arbres

(assalas photo hakim djerroud)

L'hôtel L'Etoile
Vue de l'ex-place Gueydon

Né le 27 mai 1862 à Portimão (région de l'Algraves), Manuel Teixeira-Gomes mourut le 18 octobre 1941. Neuf ans après et à la demande de sa famille, sa dépouille mortelle fut transférée le 16 octobre 1950 du cimetière de Bougie à celui de sa ville natale.

Son buste trône désormais sur la place Patrice Lumumba, à quelques pas de l'hôtel L'Etoile où il résida jusqu'à sa mort.

Buste réalisé par Irène Vilar
(assalas photo hakim djerroud)

lundi 6 octobre 2008

Augustin Ferrando, le peintre fauve

Augustin Ferrando,
ou le peintre rebelle
de Miliana

Autoprotrait au chapeau (1912, huile sur toile)

Augustin Ferrando est né à Miliana. C'est là qu'il a puisé véritablement sa vocation de grand peintre. Racontant la vie de son père, sa fille Paule Ferrando-Cruveiller le voyait vivre heureux dans un petit paradis de verdure accroché au flanc du Zaccar.

Les amandiers en fleurs à Miliana (1940, huile sur bois)

Les couleurs de la cité ont constitué pour l'artiste une source intarissable d'inspiration. Il était surnommé le peintre fauve.

Peu avant sa mort, il laissa cette merveilleuse toile.

Vue sur la plaine du Chélif (1955, huile)

mardi 26 août 2008

Un bien triste personnage


1943, Miliana a vu naître un certain dénommé Jean Kay. Issu d'une famille d'officiers, il est lui-même caporal. En 1961, il déserte l'armée française pour s'enrôler dans la triste organisation de l'armée secrète "OAS". C'est un mercenaire, fasciste et aventurier qu'on retrouve en Angola (tentative de sécession du Cabinda), au Yémen et au Liban. En France, il est mêlé à des affaires de chantage et d'extorsion de fonds. Fuyant la justice de son pays, il vit, selon certains, caché quelque part en Inde dans un état misérable .
Il est l'auteur de plusieurs livres.

dimanche 27 juillet 2008

Miliana, Béjaïa : Emouvantes ressemblances

  • Miliana/Béjaïa
... Cités millénaires, cités impériales, elles subjuguèrent des émirs, des princes, des hommes de religion, des hommes de sciences, des politiciens, des hommes de guerres, de simples voyageurs mais aussi de grands hommes de culture.

Miliana, place du Musée Émir Abdelkader
 


... Alphonse Daudet a séjourné à Miliana, Guy de Maupassant le fit à Béjaïa.
Miliana (h) figure en bonne place dans "Les lettres de mon moulin", Bougie aussi dans "Marroca".

À
propos de son séjour à Bougie, voici (en extraits) l'impression de Guy de Maupassant :


« ... Après avoir visité Bône, Constantine, Biskra et Sétif, je suis venu à Bougie par les gorges du Chabet et une incomparable route au milieu des forêts kabyles, qui suit la mer en la dominant de deux cents mètres et serpente selon les festons de la haute montagne, jusqu'à ce merveilleux golfe de Bougie aussi beau que celui de Naples, que celui d'Ajaccio et que celui de Douarnenez, les plus admirables que je connaisse...

Béjaïa, vue du port nautique


... De loin, de très loin, avant de contourner le grand bassin où dort l'eau pacifique, on aperçoit Bougie. Elle est bâtie sur les flancs rapides d'un mont élevé et couronné par des bois. C'est une tache blanche dans cette pente verte: on dirait l'écume d'une cascade tombant à la mer. Dès que j'eus mis le pied dans cette toute petite et ravissante ville, je compris que j'allais y rester longtemps. De partout l’œil embrasse un vaste cercle de sommets crochus, dentelés, cornus et bizarres, tellement fermé qu'on découvre à peine la pleine mer et que le golfe a l'air d'un lac. L'eau bleue, d'un bleu laiteux, est d'une transparence admirable, et le ciel d'azur, d'un azur épais, comme s'il avait reçu deux couches de couleur, étale au-dessus sa surprenante beauté. Ils semblent se mirer l'un dans l'autre et se renvoyer leurs reflets... »