Ζέφυρος / Zéphyros

... Là où se lève l'étoile du soir, où le soleil éteint ses feux.




... Zéphyr

Dans la Grèce antique
Fils d'Astréos (Éole), le Maître des Quatre Vents
Et d'Éos, la déesse de l'Aurore.

... Ses frères
Borée, le dieu du Vent du Nord,
Notos, le dieu du Vent du Sud,
Euros, le dieu du Vent du Sud-Ouest.


... Ses amours féminines
Podargé, aux pieds agiles, la Harpie au corps de pouliche
Chloris, Flore, la déesse des fleurs
Iris, la déesse de l'Arc-en-ciel.


... Zéphyr et Chloris
Pluie de roses,
Haleine parfumée de Zéphyr,
Amour et Printemps.






... Les métaphores d'Apulée le berbère
Extrait du roman latin Métamorphoses (L’Âne d'Or)
« ... Or pendant que Psyché en proie à la peur et pleure au
sommet de son rocher, la douce brise de Zéphyr aux molles
caresses fait frissonner les bords de sa robe, enfle son vêtement,
la soulève sans heurts et la transporte le long de l'abrupte paroi
rocheuse ; après une douce descente, Zéphyr la dépose au
cœur du vallon, sur un gazon de fleur ... »


... Brise du matin, flots des vagues, flocons des nues,
... Emportez-moi !

... Zéphyr
Il était, dans sa jeunesse, fougueux et violent ; les gens le
redoutaient.
Aujourd'hui, il a changé d'attributs ; c'est un vent doux et
agréable, un souffle léger, une brise qui grise les sens.

... Zéphyr
Il protège et enveloppe, il donne de la fraîcheur et procure du
bien-être.
Au gré du temps et de l'humeur, il apportera échos et souvenirs.

... Zéphyr
Il est la renaissance, l'éclosion de la vie, la joie.
Il annonce le retour du Printemps.

... Zéphyr
... Au gré de sa nature, il vous transportera ...

............ Entre Miliana, sa ville d'adoption
............ Et Béjaïa, sa ville natale.

............ Entre la ville aux mille ruisseaux
............ Et la ville lumière.

Zéphyr à Béjaia

Zéphyr à Béjaia
... Zéphyr, la statue de bronze érigée en 1894 par le célèbre statuaire français Eugène Marioton, trône au square Pasteur, en face de notre ancienne maison paternelle.

Apophtegme d'une Bougiote

... À la face des dieux, montrer que les humains
Sont beaux et généreux s'ils s'autorisent enfin
À tomber le loup en recouvrant le sourire
...
................................................................ Marie alias Incipit
...................................................enr sauv SGDL 2011-02-0167

Le Top Ten de la semaine

Nouvelles du jardin

Un jour, une plante

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vendredi 17 août 2018

La Kahina, ⴷⵉⵃⵢⴰ

  • Dihya, Damya : Mythe ou Réalité

Mausolée de La Kahina à Baghaï
(Khenchela) 



... L'écrivaine, l'avocate et grande militante Gisèle Halimi répond :
« ... C'est incontestablement une réalité politique et historique... »
« ... Ses qualités exceptionnelles, ses dons, son statut de femme ont rendu La Kahina une héroïne presque irréelle. 
... On a voulu en faire un mythe pour mieux enterrer cette reine berbère zénète des Aurès, car ainsi il serait plus difficile de la faire rentrer  dans l'histoire de l'humanité... »




jeudi 19 juillet 2012

Récidive ...

  • De notre ami Saadaoui

... Zéphyr lui voue une admiration portée jusqu'à l'enthousiasme.

... L'inimitable talent de son ami le surprend toujours : une passion qui surpasse l'exaltation. 

... Son ami est plus qu'un artiste, c'est un mélomane émérite ouvert à l'universalité ; un mélomane qui, dans sa fougue éperdue, nous transporte vers de lointains rivages.

... Écoutez-le  





... Merci Docteur

lundi 25 juin 2012

De l'antinazisme à l'anticolonialisme

  • Échos du colloque sur Jean Amrouche

De gauche à droite, Jean El Mouhoub Amrouche à Évian en compagnie de Rédha Malek et de Sadek Moussaoui (dit Mahieddine)

... Cet aspect méconnu du parcours de Jean Amrouche a été dévoilé par Michel Carassou, directeur littéraire des éditions « Non lieu », lors de la dernière journée du Colloque international consacré à Jean El Mouhoub Amrouche, organisé au théâtre régional de Béjaïa. « Si Amrouche n’était pas un résistant de la première heure, comme bon nombre de métropolitains, sa propre réflexion va se rapprocher davantage de la résistance dont il appréciait les valeurs de fraternité et de justice sociale. Il était devenu très critique envers le régime de Vichy », dira d’emblée l’orateur, en rappelant qu’Amrouche avait hébergé chez lui, à Tunis en 1942, son ami, André Gide, traqué par le régime de Pétain. 

... En 1943, à Alger, avec le soutien de Gide, il fondait une revue, L’Arche, publiée par les Éditions Charlot, l’éditeur de la France libre. « C’était aussi pour contrecarrer l’autre revue, NRF, coupable de collaboration », estime M. Carassou qui a édité, en 2009, le journal intime de Jean Amrouche (1928-1962), ouvrage présenté par l’anthropologue Tassadit Yacine. «Investi de fonctions importantes, Amrouche s’implique en tant qu’intellectuel dans la France libre », a ajouté cet éditeur. 

... Dès son arrivée à Alger, en 1943, Amrouche rédigeait pour les généraux de Gaulle et Catroux une note sur la politique de la France en Afrique du Nord. Le vendredi 10 décembre, il fut reçu à déjeuner et questionné par de Gaulle. 

... Édgar Faure, homme politique français, écrit dans ses Mémoires que Jean Amrouche était un de ceux qui ont largement inspiré le discours de de Gaulle, place de la Brèche à Constantine, le 12 décembre 1943. Amrouche fera un compte-rendu très positif de ce discours à Radio Alger et tout autant du discours de Brazzaville, en janvier 1944. 

... À partir de ce moment, la confiance d’Amrouche à de Gaulle visait à faire évoluer la condition coloniale dans le sens de la justice sociale. Mais, ses aspirations d’appliquer les valeurs de la résistance en Afrique ont été balayées par les événements. En effet, cette confiance en la France « mythique » volait en éclats en raison de l’abandon des réformes promises et des massacres du 8 Mai 1945 qui sont venus anéantir ses espoirs d’un avenir commun entre Français et Algériens. 



... Sa pensée politique prend un tournant. Depuis, l’intellectuel colonisé ne ratait pas l’occasion de dénoncer le racisme du système colonial. Étant irréformable, le système colonial français devait être aboli, selon Amrouche. Dans ce combat, L’éternel Jugurtha, son héros nord-africain, est son texte le plus célèbre publié en 1947.

... « Jean Amrouche décèle en Jugurtha l’esprit de révolte, l’amour de la liberté et la quête de l’égalitarisme», a fait savoir Tarik Mira, professeur de sociologie. Si l’auteur d’Étoile secrète était un personnage contradictoire en raison de ses multiples attaches, il était en revanche, d’après M. Mira, doué d’une « vision clairvoyante ». Et ce n’est pas un hasard si Amrouche avait choisi Jugurtha comme figure « insaisissable, indomptable et étrange ». 

... De son côté, Hervé Sanson, chercheur en littérature maghrébine, s’est longuement appesanti sur les textes politiques d’une rare radicalité publiés dans la grande presse française par Jean Amrouche. Ces textes informaient de la situation politique de l’époque, témoignaient des dures conditions dans lesquelles végétaient ses compatriotes algériens et revendiquaient la reconnaissance de la personnalité algérienne. Avec l’écrivain Albert Memi, Amrouche, a rappelé M. Sanson, était allé jusqu’à récuser les grilles de lectures opposées par des cercles français pour justifier la colonisation. 

... « Il expliquait aux Algériens la nécessité de se soulever afin d’imposer le respect », dira-t-il. Autre spécificité des textes politiques, la place centrale du langage chez Amrouche. « Ceci constituait la singularité de l’intellectuel colonisé (…) il aura rendu visible, par sa parole, la cause de libération de l’Algérie et ses arguments », a souligné M. Sanson.

... Quand bien même peu nombreuse, l’assistance, composée essentiellement d’hommes de culture et d’universitaires, a fortement dénoncé l’ostracisme qui frappe toujours l’enfant du « pays crucifié », 50 ans après l’indépendance de l’Algérie, et appelé à rendre à Jean ce qui appartient à El Mouhoub. 

... Les travaux du colloque ont été clôturés dans la soirée de dimanche par un intermède musical méditerranéen. On déplore la défection de certains invités. Les organisateurs de ce colloque ont fustigé la non-contribution de certains sponsors, pourtant sollicités à y contribuer. Si le colloque a eu lieu à Béjaïa, c’est grâce au bel entêtement et à l’engagement désintéressé des différents organisateurs, notamment la Ballade littéraire de Béjaïa, le directeur du TRB et des conférenciers, dont certains, venus de France, ont payé les billets d’avion de leurs propres deniers.

Hocine Lamriben
In El Watan du 20 Juin 2012

lundi 18 juin 2012

Rencontres de Béjaïa

  • Hommage à Jean El Mouhoub Amrouche



... Depuis ce 16 juin et trois jours durant, le théâtre régional Abdlemalek Bouguermouh a abrité un colloque international sur la vie et l’œuvre de Jean El Mouhoub Amrouche.

... L'initiative a été organisée par le collectif "La ballade littéraire" à l'occasion du cinquantenaire de la disparition de l'enfant d'Ighil Ali, injustement exclu de la mémoire nationale.

... Algériens et étrangers, universitaires, politiques et hommes de lettres sont venus évoquer la mémoire de cet homme à la fois poète, journaliste, critique littéraire et patriote.

À la tribune, de gauche à droite :
Madjid Merdaci, Tassadit Yacine,  Fatah Bouhmila,
Pierre Amrouche (fils de Jean El Mouhoub) et Omar Fatmouche


... Le public a vécu un moment chargé d'émotions avec notamment les témoignages de Pierre Amrouche, spécialiste en art africain, venu réveiller les souvenirs du père et de Réda Malek, ancien premier-ministre et membre de la délégation FLN durant les négociations d'Evian.

Mon ami Brahim Achouri  aux côtés de Pierre Amrouche

... Les contributions ont été nombreuses, riches et variées. Il y avait l'écrivain Amine Zaoui, le professeur de lettres Abdelali Merdaci, l'anthropologue Ali Sayad, le doctorant Rachid Mendjelli, le chercheur Hervé Sanson, Abdelhalim Berretina, l'historien Madjid Merdaci, le doctorant Dehbia Ammour, l'éditeur Michel Carassou, le député Tarik Mira, le journaliste et écrivain Kamel Daoud ainsi que l’historien et spécialiste du colonialisme français Gilles Manceron.

En photo souvenir avec mon ami Brahim Achouri,
Tassadit Yacine, éminente anthropologue
Une battante qui a toujours porté  haut la mémoire de Jean El Mouhoub Amrouche


Le dernier jour au Parc National de Gouraya,
De gauche à droite : Dehbia Ammour, Michel Carassou, mon ami Brahim Achouri et Tassidit Yacine


  • Lumière sur l'âme berbère

Intervention de Le Baut
Au Centre d'études diocésain "Les Glycines"
Alger, 22 Mai 2012

... Réjane Le Baut a vécu et enseigné en Algérie de 1962 à 1968 et soutenu en 1988 sa thèse de doctorat en Sorbonne Paris IV sous le titre « Jean Amrouche, Itinéraire et problématique d’un colonisé ».

Elle a publié en 2003 un ouvrage biographique « Jean El-Mouhoub Amrouche : Algérien universel » aux éditions Alteredit, puis en 2009, aux éditions du Tell, « Jean El-Mouhoub Amrouche 1906-1962 : mythe et réalité ».

... Réjane Le Baut édite aujourd’hui un ensemble d’émissions radiophoniques et de conférences inédites données par l’écrivain sous le titre « Lumière sur l'âme berbère d’un homme de la parole : Jean El Mouhoub Amrouche ». L’ouvrage est sorti le 18 mai 2012 aux Editions du Tell (Blida).
 
 

dimanche 22 avril 2012

À Mon Ami...

  • Mohamed Saadaoui
" Votre gestuelle est à la mesure de votre passion. Ce morceau musical, c'est plus qu'une appréciation : un moment de pure dégustation !
Mohamed Saadaoui et sa cithare

La cithare, un instrument qui a fasciné Zéphyr depuis sa tendre enfance. C'était aux côtés de son grand-père quand il en jouait." 

 

... Le Qanûn du grand-père de Zéphyr était la seule attache avec sa lointaine terre natale, La Sublime Porte


  • Théodore de Banville et la cithare
"... Là, pleine d'amertume en son âme qui saigne,
Et regardant les fronts que la lumière baigne,
Elle [la Muse] chercha des yeux le mortel assez grand
Pour tenir la cithare où pleure un souffle errant..."
Banville
Les Cariatides [La Voie lactée], 1842, p. 20.

jeudi 8 mars 2012

Bougie, die Perle Nord-Afrikas

  • La Perle de l'Afrique du Nord

Publication de l'Archiduc Ludwig Salvator (Österreich, Erzherzog)
Maison d'Édition Mercy, Prague 1899


... Une monographie savamment illustrée de gravures sur la ville de Bougie et ses environs.

« ... Le golfe de Bougie est l'indentation la plus marquée du littoral nord-africain ... »

« ... Bougie est protégée des violents vents du Nord par la montagne du Gouraya et le Cap Carbon.

... Alors qu'au large du Cap Carbon, le vent souffle avec violence et que la mer est agitée, il règne à Bougie un calme relatif et le mistral souffle en douceur ... »
Béjaïa, entre hier et aujourd'hui


  • Ludwig Salvator von Österreich-Toskana,
Le plus grand chroniqueur de la Méditerranée

... Avec son bateau Nixe (l'Ondine), l'archiduc Louis Salvator de Habsbourg a navigué pendant plusieurs années. Il porta un intérêt particulier aux îles et aux côtes, peu connues à son époque.

... De ses voyages, il récolta beaucoup d'informations et s'était constitué une riche collection de croquis et de gravures qu'il rassembla dans des manuscrits publiés à la maison d'édition Mercy de Prague.
Le prince y décrit fort délicieusement la Méditerranée, notre Mare Nostrum.


L'archiduc Louis Salvator de Habsbourg


  • Viviane Jambert, 
Son livre un siècle après

Éditions L'Harmattan, 1999
ISBN : 2-7384-8455-7

«... Cet ouvrage constitue une exceptionnelle photographie de la ville de Bougie en Algérie à la fin du XIXème siècle. Il aborde tous les aspects et est magnifiquement illustré de 33 gravures réalisées par l'auteur, l'Archiduc Louis Salvator de Habsbourg.

... Artiste, aventurier, homme de culture et passionné de nature, il était tombé amoureux de ce petit coin d'Afrique, tout comme il l'était des Baléares où il vivait.

... La traductrice, Viviane Jambert, descendante de Bougiotes et passionnée de langues et civilisations étrangères, a réalisé un travail remarquable, mené avec enthousiasme, rigueur et minutie, qui permettra à chacun de vous de découvrir la ville de Bougie et ses alentours tels qu'ils étaient à la fin du siècle dernier.

... La préface, écrite par Jacques Augarde, ancien ministre et dernier maire français de Bougie, constitue un excellent résumé de la vie de l'Archiduc Louis Salvador et de l'histoire de Bougie. »

Gravures réalisées par l'archiduc : 
1. Bougie, vue de la mer ; 2. Le port de Bougie ; 3. Le long du port de Bougie ; 4. Regard sur l'église paroissiale ; 5. La Casbah ; 6. Au pied de la Cabah ; 7. La Casbah vue de l'Ouest ; 8. Montée vers la Casbah ; 9. Bab El Fouka à Bougie ; 10. Les cinq Fontaines près de Bougie ; 11.Bougie vue des hauteurs ; 12. Le fort Abd-el-Kader ; 13. Le fort Abd-el-Kader vue du chemin côtier ; 14. Sur la plage de Bougie jusqu'au Cap Bouak ; 15. Au-dessus de la baie de Sidi Yahia ; 16. Les ruines sur la route de la baie de Sidi Yahia ; 17. Bougie vue du cap Bouak ; 18. Le cap Noir vu du cap Bouak ; 19. Le cap Bouak ; 20. Le phare du cap Carbon ; 21. De la dépression du cap Carbon au récif des Pisans ; 22. Le cap Carbon vu de la mer ; 23. Vue des hauteurs du Gouraya ; 24. Regard sur le golfe de Bougie ; 25. Près de Sidi el Bab ; 26. Bougie vue de la briqueterie ; 27. La Soummam vue du pont ; 28. Sur la Soummam ; 29. Vue de Berouak ; 30. Près de Ras Messaoud ; 31. La source de Toudja.


samedi 18 février 2012

Le témoignage d'Albert Camus

  • Sur la Kabylie

... Albert Camus est l'un des plus grands écrivains de tous les temps. Il est aussi un grand journaliste ; ses papiers, écrits dans plusieurs publications, en témoignent. Au moment où ses collègues se contentent du superflu et se soumettent à l'ordre établi, l'ancien étudiant de la faculté centrale d'Alger ne va pas par trente six chemins pour aller jusqu'à la profondeur des choses, pour rapporter la réalité telle qu'elle est, même si durant l'époque coloniale, la liberté d'expression avait ses limites. 

... Les reportages parus entre le 5 et 15 juin 1939 dans le quotidien Alger Républicain sous le titre « Misère de la Kabylie » sont le fruit d'un effort journalistique, qui sauvegarde une partie sensible de l'histoire de l'Algérie coloniale. Un témoignage émouvant et lucide. Ces textes forts et authentiques sont méconnus par un large public en Algérie et ailleurs. 

... Durant l'occupation française, l'Algérien est considéré comme un esclave. Sa vie, ou plutôt, sa survie est réduite à un incommensurable cycle de peines et de souffrances. Face à cette réalité lugubre, beaucoup d'intellectuels des deux rives de la Méditerranée ne se sont pas opposés à cette féroce injustice. Leur silence est souvent complice, comme l'est tout silence devant les causes justes.

... Albert Camus n'est pas de ceux qui peuvent savourer leur bonheur personnel devant la misère et la souffrance d'autrui. Il est contre l'abominable bêtise humaine. Le journalisme est pour lui une opportunité pour parler de la morosité et de la misère muette de ces Algériens traités comme des «sous-humains». 

... En 1939, quelques mois après le lancement du quotidien Alger Républicain durant l'automne 1938, Albert Camus passe des journées et des nuits en Kabylie et constate, lui-même, l'arrière réalité. Sur le terrain, il arrive non seulement à montrer les faits, mais à plusieurs reprises, il démontre tantôt par des chiffres tantôt par des témoignages que la vie quotidienne des Kabyles est intolérable. 
 

Éditions Zirem
Mai 2006

Note
Misère de la Kabylie et d'autres articles d'Albert Camus sur l'Algérie ont été publiés en juin 1958 sous le titre de Chroniques algériennes, 1939-1958, Actuelle III, aux éditions Gallimard, tronquées des parties portant sur l'habitat, l'assistance et l'usure, considérées comme trop générales par l'auteur.  

L'édition algérienne Éditions Zirem a, quant à elle, publié en mai 2006 la totalité du reportage Misère de Kabylie, suivi du discours de Stockholm.

Pour lire la totalité de l'article, cliquer  [ ici ]
(patienter le temps que les pages se téléchargent)


  • Le Discours de Stockholm

... Dans son discours qu'il prononça le 10 décembre 1957 à l'Hôtel de ville de Stockholm, lors de la cérémonie de remise de son Prix Nobel de littérature, le philosophe Albert Camus expose ses points de vue sur ce que l'on attend de l'artiste, du journaliste et, d'une manière générale, de l'écrivain. Voici quelques bribes :
  • De l'art
    ... L'art n'est pas à mes yeux une réjouissance solitaire. Il est un moyen d'émouvoir le plus grand nombre d'hommes en leur offrant une image privilégiée des souffrances et des joies communes. Il oblige donc l'artiste à ne pas se séparer ; il le soumet à la vérité la plus humble et la plus universelle.
    • De l'écrivain
       ... Le rôle de l'écrivain, du même coup, ne se sépare pas de devoirs difficiles. Par définition, il ne peut se mettre aujourd'hui au service de ceux qui font l'histoire : il est au service de ceux qui la subissent.
      ...  Aucun de nous n'est assez grand pour une pareille vocation. Mais dans toutes les circonstances de sa vie, obscur ou provisoirement célèbre, jeté dans les fers de la tyrannie ou libre pour un temps de s'exprimer, l'écrivain peut retrouver le sentiment d'une communauté vivante qui le justifiera, à la seule condition qu'il accepte, autant qu'il peut, les deux charges qui font la grandeur de son métier : le service de la vérité et celui de la liberté.

       

      lundi 12 décembre 2011

      Fanon - Abane

      • Deux hommes, un même combat
      À Sonya,
      À la Martinique,
      Troisième clin de feuille.

      « ... Pour le psychiatre martiniquais, la mort d’Abane, indépendamment de l’amitié qu’il lui portait, était une grosse perte. Il le confiera confidentiellement à ses amis les plus proches, dont Alice Cherki, qui travaillait alors à ses côtés à l’hôpital de la Manouba. Plus tard, Fanon ruminera le remords de n’avoir pas su ni pu empêcher l’assassinat d’Abane en ne l’ayant pas suffisamment mis en garde contre les desseins mortifères des colonels. À Rome où il rencontrera Sartre et Simone de Beauvoir, il exprimera son regret et une forme de culpabilité.

      ... L’égérie de Jean-Paul Sartre rapportera dans ses mémoires les confidences que lui fit Fanon au cours de leur rencontre organisée par Claude Lanzmann, à Rome. «Jusqu’à l’automne 1961, Fanon portait encore, comme une lourde contrariété, la mort d’Abane». «J’ai deux morts sur ma conscience, que je ne pourrais jamais me pardonner: celle d’Abane Ramdane et celle de Patrice Lumumba », confiera-t-il à Simone de Beauvoir.

      ... On retiendra d’Abane et de Fanon, leur vision universaliste. En voyant large, en rassemblant au-delà de son parti d’origine, en bravant le chauvinisme partisan de la plupart des dirigeants activistes qui ont renié jusqu’à leurs anciens camarades du PPA, taxés péjorativement de «politicailleurs », voire de germes de décomposition», en intégrant les Européens libéraux, Abane a su dépasser l’enfermement étroitement nationaliste, confessionnel ou communautaire.

      ... L’intellectuel martiniquais est, lui aussi, sorti de son «ethnie», de sa communauté, et de son «habitus» , pour aller dans l’inconnu de la Révolution algérienne, pour se faire le défenseur de tous les damnés de la terre, et le chantre d’une liberté sans frontières.


      Frantz Fanon                          Abane Ramdane

      ... Abane et Fanon ont eu et continuent d’avoir leurs contempteurs.

      ... On reprochera au premier d’avoir pêché par excès de rationalité dans une société encore trop imprégnée des pesanteurs et des archaïsmes du passé. D’avoir imposé hâtivement et précocement au mouvement de Libération nationale une modernité (séparation du politique et du militaire, primauté de la citoyenneté sur les identités, nette distinction entre le spirituel et le temporel) qui ne cadrait pas avec le niveau de développement historique de la société algérienne. Cette tentative infructueuse de mettre la Révolution sur les rails de la modernité universelle, en libérant la pratique politique du rapport de force militaire, lui coûtera la vie.

      ... Quant à Fanon, outre l’apologie de la violence qu’on lui prêtera, il lui sera au final reproché le caractère ponctuel et dépassé de sa théorie, assimilée à un météorite» dans l’histoire contemporaine de l’humanité. Contrairement à Abane, c’est le caractère obsolète» de sa pensée qui poserait problème. L’argument de ses contempteurs étant «la fin de l’histoire tiers-mondiste» avec la fin des empires coloniaux.

      ... Or, il reste incontestablement de l’œuvre de Fanon l’analyse prémonitoire des régimes post-indépendance. Et là précisément, l’apport de Fanon, considérable, est d’une brûlante actualité, tant sont similaires les «damnés » d’hier et les «indignés de la terre» d’aujourd’hui.»

      Bélaid  Abane, professeur de médecine
      extrait de son livre Résistances algériennes,
      Abane Ramdane et les fusils de la rébellion
       

      mardi 6 décembre 2011

      Né antillais, mort algérien

      • Frantz Omar Fanon
      À La Martinique, en général ;
      À son amie Sonya, en particulier ;
      Pour les honorer, Zéphyr leur fait ce clin de feuille.

       -----------------

      ... Aujourd'hui, 6 décembre 2011, l'Algérie célèbre le 50ème anniversaire de sa mort.

      Durant toute cette semaine, l'évènement donnera lieu à une série d'activités : des conférences et des expositions-photos sur ce grand homme. 

      ... Une cérémonie de recueillement sur sa tombe est aussi prévue.


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      ... Un psychiatre, un penseur et un militant de la cause algérienne qui a dénoncé la colonisation, le racisme et la violence.


      1925  Naissance de Frantz Omar Fanon à Fort-de-France. Études à la faculté de médecine de Lyon. En France, il entame sa carrière de psychiatre. 

      1952 Le racisme l'inquiète, il écrit Peaux noires, masques blancs.

      1953 Il est affecté en Algérie, comme médecin-chef à l'hôpital psychiatrique de Blida qui porte aujourd'hui son nom. Sa fonction le conduit à découvrir l'oppression coloniale et à épouser peu à peu les idées du mouvement de libération. Très rapidement, il adhère au FLN et tisse des amitiés dont  celle de Abane Ramdane.

      1956 Il démissionne de son poste pour aller rejoindre le Front de Libération Nationale (FLN).

      1957 Frantz Omar Fanon est expulsé d'Algérie ; il s'installe à Tunis. « Là, ce drôle d'Algérien, noir de surcroît » devient un des militants les plus actifs du FLN ;  il est journaliste à Résistance algérienne puis à El-Moudjahid où il semble être de l'équipe rédactionnelle.

      1960 Il est nommé, en mars, ambassadeur itinérant de l'Algérie en Afrique. Son intérêt pour l'Afrique noire s'affirme dans ce nouveau rôle diplomatique. Il survit à un attentat.

      1961 Il meurt à New York après avoir publié des ouvrages consacrés à la révolution algérienne et la décolonisation. 

      ... Frantz Omar Fanon repose au cimetière des martyrs de Aïn-Kerma, dans la wilaya d'El Tarf, proche de la frontière tunisienne.
      Quelques publications
       -Peau noire, masques blancs, 1952
      - Les Damnés de la terre, 1961
      - Pour la révolution africaine, 1964
      - L'an V de la révolution algérienne, réédité en 1966 sous le titre Sociologie d'une révolution.

      • Son dernier livre
      Les Damnés de la terre

      François Maspero, Cahiers libres 27-28, 1961, 243 pages
      « ... Non nous ne voulons rattraper personne.  Mais nous voulons marcher tout le temps, la nuit et le jour, en compagnie de l'homme, de tous les hommes. Il s'agit de ne pas étirer la caravane, car alors, chaque rang perçoit à peine celui qui le précède, et les hommes qui ne se reconnaissent plus, se rencontrent de moins en moins, se parlent de moins en moins.Il s'agit pour le Tiers-Monde de recommencer une histoire  de l'homme... »


      ... Les Damnés de la terre, un livre qui a immortalisé son auteur et marqué son époque.

      ... Publié en 1961 aux éditions François Maspéro, l'ouvrage est plusieurs fois saisi. Préfacé par Jean-Paul Sartre, la publication a connu un destin exceptionnel. L'œuvre a servi et sert encore aujourd'hui d'inspiration et de référence à des générations de militants anticolonialistes.


       





      Préface de Jean-Paul Sartre (1961) et d'Alice Cherki (2002),
      Postface de Mohammed Harbi.






      dimanche 20 novembre 2011

      Jean El Mouhoub Amrouche

      • Devoir de mémoire

      ... Intellectuel aux multiples talents, Jean El Mouhoub Amrouche (1906-1962) est un être singulier. Il est à la fois poète, journaliste, homme de radio, critique littéraire et patriote. Tassadit Yacine, enseignante-chercheuse et maître de conférences à l’École des hautes études en sciences sociales, qui a animé une conférence-débat, jeudi dernier, au Salon du livre d’Alger, est revenue largement sur le rôle «méconnu» qu’a joué ce Kabyle chrétien durant la guerre de libération. «Jean Amrouche fut un militant et un nationaliste algérien. C’était quelqu’un qui a beaucoup donné à l’Algérie, à l’Afrique et au monde. Il n’a pas été reconnu comme cela aurait dû l’être», regrette-t-elle.



      ... Trois périodes constituent la trajectoire de cet homme tourmenté par ses multiples appartenances : d’abord sa quête existentielle et poétique à Tunis, puis son entrée dans le monde littéraire à Alger puis à Paris et enfin son basculement dans l’arène politique. «A l’âge de six ans, il découvre le rejet, l’exil et le racisme», dit Mme Yacine. Il lui a fallu des amitiés complices, entre autres celles des écrivains de renoms, comme André Gide et Paul Claudel, pour renoncer à la tentation du suicide. Jean El Mouhoub Amrouche, poète à ses débuts mord «dans un premier temps à l’hameçon de l’assimilation», selon la conférencière. Pas pour longtemps, puisqu’il prendra conscience de l’atroce déni dans lequel vivaient «l’indigène et le Nord-Africain».

      • Réveil du guerrier
       ... Amoureux des lettres françaises et admirateur de Charles de Gaulle devenu son ami, Jean Amrouche s’engage pour la France de la résistance contre le nazisme hitlérien. «Il croyait à la France de l’égalité et de la fraternité. Pour lui, il fallait que les Nord-Africains soutiennent la résistance. Son espoir, était que, une fois la guerre finie, la France allait donner aux Algériens leur indépendance», note Mme Yacine. Après les massacres du 8 Mai 1945, la pensée politique et spirituelle de Jean Amrouche prend une autre tournure. 

      ... «À partir de ces événements, il décide de s’investir pour la cause algérienne. Il réalise un reportage sur ces massacres dans lequel il dénoncera la répression. Ce texte, personne n’a voulu le publier, même pas Albert Camus. Il a fallu 1994, pour que je le publie dans un de mes livres», précise la chercheuse. Comment un homme qui se dit lui-même à un moment de sa vie «acoquiné avec l’Occident» prend la défense des Algériens, «ses frères de sang», écrasés par la machine coloniale ? «Jean Amrouche s’est fait historien, sociologue, et en même temps, psychologue.

      ... Il va se décrire lui-même, se posant comme objet pour expliquer de l’intérieur ce que souffre l’indigène», explique l’oratrice. Lorsque éclate la guerre de libération en 1954, la plume de Jean Amrouche devient plus aiguisée. Il cumule dans la grande presse française de nombreux articles de haute volée dans lesquels il prend sans ambages le parti de l’autodétermination de l’Algérie. «Ce n’est pas pareil d’agir dans la clandestinité que de dire et d’écrire en France dans la grande presse», estime Mme Yacine. Son pari est toutefois risqué. Ses prises de position lui vaudront des inimitiés de ses proches et des autorités coloniales : renvoi de la radio française en 1958, dispersion de ses amis français et de sa belle-famille.

      ... En Suisse où il trouve refuge, Jean Amrouche continue à soutenir «l’insurrection » algérienne. Auto-émissaire des Algériens, il sillonne Tunis, Rabat, Florence pour porter la voix de l’Algérie opprimée. Ainsi, Jean Amrouche a servi d’intermédiaire entre Charles de Gaulle et Ferhat Abbas, son autre ami de longue date. L’enfant d’Ighil Ali meurt au moment des accords d’Evian, en avril 1962.

      Tassadit Yacine,
      l'infatigable anthropologue

      • Exclusion du Panthéon
      ... Près de cinquante ans après l’indépendance du pays, cet «Algérien universel», comme le qualifiait Mohamed Dib, demeure banni dans son propre pays en raison de son particularisme linguistique et religieux. On aura beau chercher les manuels scolaires ou universitaires, pas la moindre trace de son combat politique. «Après l’indépendance, il y a eu une fermeture des esprits. Pourtant, les anciens du FLN, dont Abdelhamid Mehri, Rédha Malek, Krim Belkacem et Ferhat Abbas, qu’il a rencontrés à Tunis, le considéraient comme un patriote algérien. Je regrette qu’il n’ y ait pas de rue en son nom (…) 

      ... Il était chrétien. Mais, pendant la guerre, il avait pris position pour ses frères musulmans. C’est ça l’universalisme et l’humanisme», affirme Mme Yacine. En Algérie, seule l’école primaire d’Ighil Ali (Béjaïa), son village natal, porte son nom. Là encore, ce n’est pas un geste des autorités. «C’était une initiative privée du maire de l’époque », dit l’intervenante, en appelant à la réhabilitation de cette figure du mouvement national. Mme Yacine s’est dit, par ailleurs, disponible pour travailler avec d’autres chercheurs pour dépoussiérer la mémoire de l’enfant du «pays crucifié» au même titre que d’autres figures nationales qui ont subi la marginalisation.
      Hocine Lamriben
      El Watan du 1er octobre 2011 (culture)

      jeudi 27 octobre 2011

      À propos du chacal

      • Pourquoi a-t-il l'échine roussie ?

       

      ... Conte berbère gentiment rapporté par notre amie Marie-Hélène


      … Au temps où le monde était encore jeune et où toutes choses étaient autres, le chacal n’avait pas du tout le dos comme il l’a maintenant et, en ce temps-là, le soleil n’habitait pas dans les cieux, il vivait sur terre, parmi toutes les bêtes. Cela ne lui plaisait pas du tout et les animaux non plus ne trouvaient pas cela agréable.

      … Là où était le soleil, il faisait si chaud que tout risquait de brûler, les animaux fuyaient le soleil qui en était très malheureux. Il restait toujours tout seul, dans un coin du désert, couché dans le sable, gémissant sur sa triste situation et souhaitant s’en aller ailleurs. Ce qu’il aurait préféré, c’était d’aller au ciel mais comment y parvenir ?


      … Le soleil n’avait alors qu’un seul ami, c’était le chacal.

      ... Quand le chacal vit son ami se désoler et qu’il apprit ce qu’il désirait, il lui offrit son aide : « puisque tu veux aller au ciel, je veux t’y mener, assieds-toi sur mon dos ».

      … Le soleil lui fit de grands remerciements et, sans plus attendre, lui sauta sur l’échine. Le chacal prit le galop, mais même pour ses pattes véloces, le ciel était bien loin et le soleil, installé sur son dos, lui brûlait l’échine quand il n’y put plus tenir, il s’arrêta et demanda :
       « Descends, soleil, au moins pour le moment ça me brûle trop !»


      … Mais le soleil ne bougea pas, craignant que le chacal ne le laissât là il se cramponna au pelage de sa monture et y resta agrippé jusqu’à ce que le chacal reprenne sa course et le repose au bout de la terre, là où le ciel commence. Arrivé à cet endroit, il sauta directement de l’échine du chacal dans les cieux.

      … Depuis ce jour, le soleil est demeuré dans les cieux et le chacal a l’échine roussie comme s’il était passé par le feu...

      lundi 10 octobre 2011

      Le relief qui a fait son histoire ...

      • Miliana...

      Au fond, le Zaccar

      ... Au cours d'une de ses navigations sur la toile, Zéphyr tombe par hasard sur un livre au titre très singulier qui attira son attention :
      Miliana :
      le relief qui a fait son histoire défait son quotidien

      ... Paru aux Éditions Édilivre, 75008 Paris, 2009
      Sous la plume de Slemnia Bendaoud

      ... Dans cet ouvrage, Slemnia Bendaoud raconte, à sa manière, Miliana : une ville victime de son passé et de son enclavement, une cité toute recroquevillée, vouée à son triste sort.

      ... De son vrai nom Kelouaz Djillali, Slemnia Bendaoud, un natif de Bourached (village à une soixantaine de kilomètres de Miliana), clame sa colère, sa passion pour cette citadelle qui l'a tant chéri.

      ... Autres publications du même auteur : 
                  - Reflet,
      Éditions Édilivre, collection Clin d’œil, 2011,
                  - Vrais échos et fausses résonances,
      Éditions Édilivre, collection Clin d’œil, 2011,
                  - Harragas : ces éternels incompris,
      Éditions Édilivre, 2009.

      •  Quelques bribes de Slemnia
      «Miliana, cette antique cité bien perchée sur ce haut relief du mont Zaccar… a, en l’espace de quelques quatre décennies, tout perdu ou tout abandonné.

      … Charme et séduction, convoitise et bénédiction, grandeur et splendeur…, fortune autrefois bien amassée, tout est aujourd’hui parti en fumée à l’image de cette forêt qui la surplombe, cachant mal sa misère, qui a fini par complètement brûler.
      … La ville … se contente depuis près d’un demi-siècle à toujours regarder en arrière et vers son histoire qui la maintient accrochée à cette gloire, aujourd’hui bien ensevelie par tant de misères et de désespoirs qui rongent sa jeune population lassée d’attendre…

      … Les vieux … craignent aujourd’hui pour les derniers jours de leur vie. Ils souhaitent tirer leur révérence et rendre l’âme …»

      dimanche 18 septembre 2011

      Ighil Ali, patrimoine en péril

      • Sauvons la maison des Amrouche



      « ... L’association culturelle Taos et Jean Amrouche d’Ighil Ali vient de lancer un appel urgent pour l’organisation d’une marche de protestation, aujourd’hui, dimanche 18 septembre, afin d’exiger l’arrêt des travaux de démolition et de construction engagés dans la maison dans laquelle ont vécu trois hommes de lettres et de culture, en l’occurrence, Jean et Taos Amrouche ainsi que leur maman Fadhma Ath Mansour Amrouche, première romancière algérienne d’expression française.
      ... Dans un communiqué remis à notre rédaction, l’association appelle les citoyens à réagir et les autorités à «intervenir en urgence» afin de « sauvegarder ce  patrimoine national. » 
      D. A.
      El Watan du 18.09.2010


      ... Aux Amrouche, Zéphyr y a consacré deux articles :
      - Le chant de l'exil,         cliquer   ICI
      - Souvenir de lecture,    cliquer LÀ

      • Inzen n Ctember
      Le proverbe de Septembre

       L'envieux

      « Bu meyya yeqqar :
      A bu mitayen !

      Celui qui a cent, dit :
      Oh, celui qui a deux cents !
      (Oh comme il est riche !) »


      dimanche 21 août 2011

      Je suis né à Béjaïa

      • Raymond Bettonville

      ... Ancien instituteur, devenu aujourd'hui écrivain, poète et artiste-peintre.

      ... À Liège, Raymond Bettonville a dirigé une revue de poésie et a effectué de nombreux voyages en Orient. 

      ... À présent, il se partage entre la Belgique et l'Algérie, entre le pays de ses ancêtres et sa terre natale où il effectue de longs séjours à Béjaïa, la ville qui l'a vu naître.



      Je suis né à Béjaïa
      Je suis né à Béjaïa...
      Je ne sais plus quand...
      Papa me regardait...
      Elle était attentive à papa...
      Nous l'aimons papa...
      Le soir, le Destin et la peinture des mots...
      Simple, un banc... la mer et nos mains...
      Et puis le baiser volé dans l'autobus sous le regard des voyeurs...

      Je suis né à Béjaïa...
      Je suis né chez toi...
      Viens contre moi...
      Viens chez moi...
      Viens...
      Elle sourit et se leva... "J'ai mal au cul", me dit-elle et on commença à rire...
      Ce fut le début de nos rires...
      Nous avons revécu à Béjaïa...
      Porte Sarrazin... Près de la tour Eiffel...
      Je t'aime Nadia, du regard de ton sourire...
      Quand tu te caresses le cou...
      Quand tu me caresses...
      Tu en vaux le coup... Toi...
      Les fleurs et la métaphysique : lieu de rencontre de nos symboles...
      Son âme
      Le port et le sens unique...
      Sa main, ta main...
      Le bleu de la mer...
      Le silence...
      L'énergie du silence...
      Je lui ai téléphoné ce matin...

      La mosquée et l'appel à la prière...
      La chaleur du corps...
      La chaleur de son corps...
      La chaleur de Béjaïa...
      Maman et la tante...
      Béjaïa est située près du paradis...
      Ses douleurs et ses révoltes la rendaient très désirables...
      L'appel à la prière contrastait avec le silence des corps...

      À toi surtout quand tu n'as pas encore bu le café du matin...
      À ton sourire, les lèvres fermées : un sourire intérieur... Ta tendresse...

      • De ses dessins...

      ... Ce qu'il en dit :

      « ... Je dessine mes pulsions, ma tendresse, ma sensualité, mon regard sur la peau... Le dessin est pour moi un trait psychanalytique... Il trace ma vie... »


      L'errance                                      Je t'aime                                      Béjaïa


      vendredi 1 juillet 2011

      Alain Désormeaux, l'escale de Miliana

      • Miliana, 1949

      ... Alain Désormeaux vit le jour en Normandie, plus exactement à Verneuil sur Avre, le 1er février 1931.

      ... Tout comme Alphonse Daudet avant lui, Alain Désormeaux résida pendant un certain temps à Miliana où il vécut de paisibles moments, accompagnés de ses animaux.


        Alain Désormeaux
      1949, durant son séjour à Miliana

      ... Alain Désormeaux, mena une vie pleine d'aventures et d'invraisemblances. Il aimait la vie, les pierres et les mots.

      •  Le galeriste, l'artiste-peintre

      ... Après avoir vécu en Algérie, c'est dans l'Yonne qu'il décida de s'y installer, à Sens ; il y vécut jusqu'au 30 octobre 2010, le jour où il s'éteignit..

      ... Alain Désormeaux a été écrivain, parolier, artiste-peintre, galeriste. Jeune, il a fréquenté d'illustres personnages, il était notamment le voisin et l'ami de Vlaminck à Rueil la Gadelière.

      ... Dans sa galerie LES'ARTS, il découvrira  les dons exceptionnels de Bernard Charoy, Pedro Sobrado, Marc de Michelis. Le peintre Arsène Sari habita plus de 10 ans sa demeure de Rigny le Féron dont il se fit un atelier.

      Clair-obscur
      Peinture à l'huile


      • Le poète
      Le dernier fanal

      Partir à l'ombre de la nuit
      Le cœur triste comme un regret
      C'est un remord que l'on poursuit
      Et c'est la fugue d'un secret

      O, quand la pluie sur le tilleul
      Avec la force d'une larme
      Pleure et roule sur les feuilles
      Sa complainte nous désarme

      Revient la saison des labours
      Où tout le décor a viré
      De la couleur et de l'Amour
      En un Automne chaviré

      M'en partant sur la colline
      Je vois l'adieu d'un clair signal
      Voilant les yeux, et je devine
      Aux angles d'ombres, le fanal

      On est plus triste qu'un Pantin
      Brisé par le jeu des Enfants
      Mais le bonheur s'arrête enfin
      Quand le départ devient brûlant

      Nous reviendrons au clair soleil
      Décor changé, mais pas nos cœurs
      Mieux supérieurs à nos sommeils
      Redescendus de la hauteur
      Alain DÉSORMEAUX
      Sens, 21 Septembre 1958

      • Derniers instants 
       
      ... Le 16 octobre 2010, à Surtauville/Eure (Haute-Normandie) où il fut maire-adjoint, à l'occasion du trentenaire d'une association du 3ème âge, le Club Soleil d'Automne dont il a été le dernier président.



      mardi 21 juin 2011

      Béjaïa, patrimoine en péril, III

      • Ensemble sauvons notre ville

      ... Zéphyr ne pouvait ne pas faire sien l'appel de son ami El-Hadi Tebbane. À son instance, il publie, ici et pour vous, en trois parties, le texte de sa contribution parue dans l'édition d'El Watan du 22 Mai 2011.

      ... C'est avec grand plaisir que cette présente tribune lui est réservée.

      Soyez nombreux à intervenir !


      * * * *    * * * *    * * * *    * * * *

      Réflexions sur le devenir 
      de quelques monuments historiques de Béjaïa

      Une contribution Par EI-Hadi Tebbane (*)




      « Le temps use l’erreur, mais polit la vérité. »
      (Voltaire)

      ... Dans l’édition d’El Watan du 8 décembre 2007, rubrique «Idées-débat», j’avais rédigé une contribution que j’avais intitulée : Béjaïa où vas-tu ? J’y évoquais sur un ton critique ce que furent l’ancienne capitale de la dynastie hammadite et son hinterland, et ce qu’ils sont devenus, hélas, aujourd’hui.

      Pensez-vous que nos édiles et les pouvoirs publics en aient tenu compte pour évaluer même a posteriori l’évolution des choses, en vue de corriger ce qu’est un véritable désastre sur le plan urbanistique ? Les choses n’ont aucunement évolué. Bien au contraire. Voici maintenant «qu’on» s’attaque aux monuments historiques qui s’écroulent devant l’indifférence de nos élus. Sommes-nous devenus, à ce point, des talibans ?


      - 3ème Partie -

      • La réhabilitation du mausolée de Sidi Yahia

      ... Le mausolée de Sidi-Yahia, isolé derrière le port pétrolier, s’écroule abandonné à lui-même, depuis l’ouverture du port de la rade. Nul Béjaoui n’ignore que Sidi-Yahia est un lieu saint. Ce fut un sanctuaire qui a reçu, pendant des siècles, des hommes et des femmes en proie à des difficultés multiformes dont le système de croyances traditionnelles de l’époque faisait en sorte que beaucoup de personnes trouvaient la solution à leurs difficultés par une simple visite, des prières et des offrandes.

      ... Ce fut un lieu religieux où les malades, les pauvres et autres démunis se réunissaient pour trouver un soulagement psychologique à leur détresse. Il reçut en son temps, de par sa position géographique, à proximité de la source naturelle dite «Aâyounet Essayida» (la Fontaine de la Maîtresse), aujourd’hui déviée vers on ne sait où, et dont l’eau, dit-on, posséderait des vertus thérapeutiques avérées. Des milliers de femmes y venaient de tout le territoire national. Certaines, pour combattre la stérilité, les autres pour briser la fatalité du célibat prolongé ou carrément pour prévenir des détresses physiques ou psychologiques.


      ... Cette fontaine naturelle jouxte une crique appelée «La brise des femmes», entourée de légendes et de croyances populaires. Ces traditions ancestrales sont toujours vivaces, elles existent encore et certains rites sont jusqu’à nos jours pratiqués. Ces traditions font partie de notre identité, de notre culture nationale, de notre patrimoine immatériel.

      ... « L’Humanité devrait élargir son concept de patrimoine culturel afin d’ajouter aux monuments célèbres et aux sites naturels, les patrimoines immatériels que sont les traditions et les coutumes...», recommande pourtant depuis 2000 le rapport mondial de l’Unesco sur la culture. Il semblerait que cette recommandation onusienne n’est pas encore arrivée sur le seuil du mausolée de Sidi-Yahia. Et nous, en tant que citoyens de Béjaïa, on a tendance à fermer les yeux, à laisser les choses se faire sans qu’il n’y ait une moindre réaction positive et constructive de la part ni des pouvoirs publics, ni de la société civile, ni encore beaucoup moins de la part de nos élus.



      .... Même si le port pétrolier est un point sensible, rien n’empêche de restaurer ce monument historique et de lui réserver un passage séparé de l’enceinte du port. A Istanbul, en Turquie, beaucoup de palais et de mosquées sont visités chaque jour par des milliers de touristes. Et pourtant, certains sont à côté de casernes militaires ou de points sensibles de grande importance.




      La réhabilitation du vieux Bougie

      ... Ces trois cas [ l'ancien palais de justice, l'ancien Syndicat d'Initiative local et le mausolée de Sidi-Yahia ], qui me semblent les plus urgents, renvoient justement à la problématique de la réhabilitation de l’ancien Bougie, non seulement les monuments historiques de la ville, trois fois millénaire, mais aussi et surtout de son noyau central que tout le monde appelle péjorativement «La vieille ville».

      ... Vieille certes, mais à défaut d’idées et d’anticipation, on l’a complètement abandonnée au profit des trottoirs de la « Plaine » (nouvelle ville, anciennement El Khemis) que l’on fait, défait et refait à longueur de temps, parce que toujours mal faits. Du fait que le vieux Bougie abrite des sites historiques d’une valeur inestimable, traces de différentes civilisations qui se sont succédé depuis plus de trois mille ans, il est tout à fait urgent de le protéger.

      ... Pourquoi ne pas se rapprocher des services de l’Unesco pour l’intégrer dans la nomenclature des villes historiques qui constituent le Patrimoine de l’Humanité ? Cela est tout à fait possible et faisable. Dès lors que «la vieille ville» répond aux critères sélectifs de cet organisme de l’ONU. E.H.T.

      (*) Consultant,
      diplômé de l’ENA (promotion 1968-1972)
      El Watan - Dimanche 22 mai 2011 - 18

      mardi 14 juin 2011

      Béjaïa, patrimoine en péril, II

      • Ensemble sauvons notre ville

      ... Zéphyr ne pouvait ne pas faire sien l'appel de son ami El-Hadi Tebbane. À son instance, il publie, ici et pour vous, en trois parties, le texte de sa contribution parue dans l'édition d'El Watan du 22 Mai 2011.

      ... C'est avec grand plaisir que cette présente tribune lui est réservée.

      Soyez nombreux à intervenir !


      * * * *    * * * *    * * * *    * * * *

      Réflexions sur le devenir 
      de quelques monuments historiques de Béjaïa

      Une contribution Par EI-Hadi Tebbane (*)




      « Le temps use l’erreur, mais polit la vérité. »
      (Voltaire)

      ... Dans l’édition d’El Watan du 8 décembre 2007, rubrique «Idées-débat», j’avais rédigé une contribution que j’avais intitulée : Béjaïa où vas-tu ? J’y évoquais sur un ton critique ce que furent l’ancienne capitale de la dynastie hammadite et son hinterland, et ce qu’ils sont devenus, hélas, aujourd’hui.

      Pensez-vous que nos édiles et les pouvoirs publics en aient tenu compte pour évaluer même a posteriori l’évolution des choses, en vue de corriger ce qu’est un véritable désastre sur le plan urbanistique ? Les choses n’ont aucunement évolué. Bien au contraire. Voici maintenant «qu’on» s’attaque aux monuments historiques qui s’écroulent devant l’indifférence de nos élus. Sommes-nous devenus, à ce point, des talibans ?


      - 2ème Partie -

      • Le cas de l'ancien Syndicat d'Initiative Local

      ... Jusque vers les années soixante-dix, un autre édifice, sis place Medjahed, face à la poste et l’alignement du théâtre Bouguermouh, lesquels font partie du patrimoine historique de la ville, il y a une belle bâtisse construite vers les années 1920, comprenant un R+1, et qui abritait les services du Syndicat d’initiative local (SIL).

      ... Un lieu où au rez-de-chaussée, derrière un comptoir fait de bois sculpté, des hôtesses d’accueil polyglottes recevaient les touristes étrangers, organisaient le programme de leur séjour, les orientaient, et leur fournissaient la monographie de Bougie et autres documents de communication externe. Dans ce hall, étaient exposés les produits agricoles du terroir et les objets de l’artisanat traditionnel local.

       
      ... Au premier étage, il y avait une bibliothèque comprenant des livres de haute valeur consacrés à l’histoire de l’Algérie et aux spécificités de l’histoire de la ville, destinée aux étudiants en archéologie et autres chercheurs de passage à Béjaïa. Cette construction est aujourd’hui complètement délabrée, sans toiture, puis détruite par un incendie lors des manifestations des arouch au début des années 2000. Depuis plus de vingt ans, aucune autorité ne s’est intéressée au devenir de cette bâtisse. Pourtant elle fait partie, tout comme l’ancien tribunal du domaine public.

      ... Lors des travaux de la VIème Conférence permanente des villes historiques de la Méditerranée, — CPVHM — consacrés à la valorisation des savoir-faire locaux, tenus à Béjaïa, du 28 au 30 novembre 2003, sous l’égide de la Commission européenne, Programme Euromed Héritage, Projet «5 savoir-faire locaux», ce site était tout indiqué pour servir de siège au Centre d’Etudes des Villes Historiques de la Méditerranée, objet d’une résolution de la conférence. J’avais moi-même suggéré à l’un des organisateurs de cette conférence d’agir dans ce sens.


      ... Malheureusement, la bureaucratie maladive de nos institutions s’est empêtrée dans la question de savoir qui est «le propriétaire légal» de cet ensemble. Le domaine public et le domaine privé de l’Etat restent pour nos édiles un concept sujet à interprétation. Ceci peut-il justifier l’indifférence et l’immobilisme des institutions locales ? La question reste posée. Ma proposition a été vite abandonnée....  (à suivre)
      (*) Consultant,
      diplômé de l’ENA (promotion 1968-1972)
      El Watan - Dimanche 22 mai 2011 - 18